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Introuvables Celtes

Qui étaient les Celtes ? Quelle réalité se cache derrière la celtitude ?

Les rares auteurs anciens qui mentionnent les Celtes et leur pays (Keltikon) peinent à les localiser (à l'ouest du Rhône, entre Pyrénées et Loire, ou Seine ?) et à les décrire avec précision : un peuple qui migre volontiers, accueillant et ouvert aux influences des Grecs. Mais, déjà au temps de César, le nom n'apparaît plus que de façon évanescente. Serait-ce donc un mirage ? Mieux, un mythe, dont Jean-Louis Brunaux, avec le talent qui nous a enchanté dans ses travaux sur les druides, les Gaulois ou Alésia, démonte patiemment les fils.

Oubliés pendant quinze siècles, les Celtes réapparaissent lentement à partir de la Renaissance, dans les milieux savants, en marge de l'âpre conflit que se livrent Gaulois et Francs pour obtenir le titre d'ancêtres nationaux des Français. Mais c'est surtout à partir du XVIIIe siècle que le mythe prend forme. Appuyé sur les théories fumeuses de pseudo-savants (l'abbé Pezron) bientôt rejoints par d'authentiques (Antoine Meillet), on invente la notion de langues celtiques (gaélique, breton, scots) et, à partir de là, tout s'enchaîne : des peuples parents par la langue ne devaient-ils pas aussi partager le costume, la danse, les légendes ? Ce qu'une nuée de « spécialistes » s'empresse de mettre en évidence : comment ne pas trouver des parentés entre des peuples qui voisinent depuis si longtemps ? La "celticité" prend donc forme, rejetée toujours plus à l'ouest, l'Irlande en constituant in fine le coeur, avant que, avec les secours d'une archéologie largement idéologisée, on en revienne à un vaste Keltikon couvrant toute l'Europe de l'Ouest et une partie de l'Est. La généalogie mythique des peuples dont les nations sont friandes triomphe. Jusqu'à ce que se dressent contre cette construction idéologique des historiens, des linguistes, des archéologues, qui renvoient la "celtitude" à ce qu'elle est, une tradition d'à peine trois siècles, fondée sur un imaginaire sans base historique. Démonstration brillante, passionnante, et qui n'a pas fini de désespérer Concarneau !

Par Maurice Sartre
Commentaire (1)

Un mythe? Certainement pas!

Un imaginaire sans base historique? Je rêve. À l'ouest du Rhône, entre Pyrénées et Loire, ou Seine ? Certainement pa! Je suis désolé de contredire M. le professeur Maurice Sartre, mais les textes sont là et il suffit de bien les interpréter. Hécatée de Millet les situe dans une ville de Nuerax, au-delà de Marseille, qu'on ne peut situer qu'à l'extrémité du couloir Rhône-Saône, à Chalon-sur-Saône. Hérodote le confirme en les situant au nord du cours (supérieur) du Rhône. Il précise que le Danube prend sa source au pays de ces Celtes, près des monts Rhippées ( et non près de la ville de Pyrènè, mauvaise traduction) puis traverse toute l'Europe qu'il coupe en deux , ce que confirme Pindare en ajoutant que ce fleuve leur appartient comme le Nil appartient aux Ethiopiens. Enfin, Ephore les considère comme l'une des quatre plus puissantes peuplades du monde barbare.  http://www.bibracte.com/mon_histoire_de_la_gaule/de_la_veritable_origine... Merci de rectifier. E. Mourey